Propositions pour la Guyane de la Fédération du Parti Socialiste de la Guyane.
Après les réunions du Conseil Fédéral élargi, la Fédération de la Guyane du Parti Socialiste fait les propositions suivantes dans le cadre du projet socialiste de 2007.
La situation ultrapériphérique de la Guyane et de son environnement proche nécessite un engagement fort de l'état à la hauteur des enjeux et en conformité avec ses compétences.
Dès lors, il convient avec volontarisme de s'engager dans une politique de rattrapage des retards accumulés.
La Fédération de Guyane du P.S préconise l'évaluation des besoins par rapport à une population en pleine croissance et une natalité galopante.
Les besoins sont criants en matière de santé, lorsqu'on sait que les établissements hospitaliers existants sont confrontés à d'énormes problèmes par manque de moyens dans tous le sens du terme, la mise en place d'un plan de rattrapage pour ce secteur devient nécessaire et urgent.
En matière d'éducation et de scolarisation, les chiffres parlent d'eux-mêmes, la Guyane c'est :
-Une superficie de 90 000 km2, une population en 2002 estimée à 172 000 habitants, les 80 % de la population vivent sur la bande côtière qui représente 10 % de la superficie du territoire, le reste des terres soit une immensité de 90 %est habitée par les populations en majorité amérindiennes et noirs marrons ; des chiffres dont la structure scolaire devra intégrer dans sa recherche de solutions.
-Une progression démographique entre 1990 et 1999 de 37 % (métropole 3,4 %). Avec des effectifs pour la rentrée de 2004 de 60 878 élèves, c'est pratiquement 39 % de la population qui est scolarisée et une croissance scolaire de 4,6 %.
Il convient d'affirmer avec force les responsabilités de l'Etat :
-L'école doit devenir propriété de la société guyanaise à la fois besoins et moyens.
-Il est une responsabilité politique majeure d'admettre l'éducation nationale comme moyen de conforter la société guyanaise dans son appartenance à la communauté française tout en lui permettant d'exprimer ses spécificités.
-La non scolarisation doit être refusée et au contraire le principe républicain de la scolarisation fermement affirmé.
Or, il y a en Guyane dans le primaire : 1 309 élèves en liste d'attente, 2 667 élèves estimés non inscrits soit un total d'élèves non scolarisés de 3 976.
A partir de ses observations et compte tenu du retard accumulé en Guyane, il est évident que l'Etat doit contribuer à combler ce retard en prenant le relais des collectivités territoriales en matières d'infrastructures scolaires. Par exemple, création de structures adaptées permettant l'accueil d'élèves non scolarisables dans des structures traditionnelles (les plus de 16 ans, les enfants handicapés).
En matière de logement, là encore, le retard est endémique, compte tenu de l'attente, il faut construire 3 000 logements par an sur quatre ans pour satisfaire les besoins au lieu de 1 000 logements actuellement livrés.
En matière de transport, compte tenu de l'immensité du territoire un effort particulier doit être envisagé pour désenclaver le pays dans un schéma d'aménagement durable :
-Participation financière de l'Etat dans les constructions des routes,
-Construction d'équipements portuaires et aéroportuaires pour la continuité des services publics.
En matière foncière, il faut sans esprit chagrin transférer d'abord en priorité le foncier aux collectivités territoriales pour leur permettre de relever les défis en matière de réalisation d'équipements pour répondre aux besoins générés par l'explosion démographique. Il faut aménager du foncier agricole pour permettre l'installation des agriculteurs, des pluriactifs sans oublier les populations autochtones et également multiplier la viabilisation des terres par l'intermédiaire de l' EPAG en vue de réduire le déficit du logement social en Guyane.
En terme d'emploi, un engagement particulier doit être envisagé. Actuellement le chômage qui avoisine en Guyane les 30 % touchent tout particulièrement les jeunes, les actifs dans la tranche d'âge comprise entre 50 et 55 ans avec une proportion importante chez les femmes.
Pour les salariés de 55 ans et plus, il y aurait à encourager des départs volontaires à la retraite ou préretraite avec une aide financière de l'Etat, permettant ainsi de libérer des empois au profit des jeunes.
Il conviendrait aussi d'encourager les investisseurs locaux pour un véritable plan de développement structurel et spécifique d'accompagnement de manière à rendre le coût de production abordable, facilitant ainsi la création d'emplois et de richesse.
Par ailleurs, il faut également faciliter l'accès au micro crédits dans une logique d'économie solidaire, aider à la création d'un organisme financier spécifique capable d'accompagner les porteurs de projet.
Les filières du tourisme, de la pêche ainsi que l'agriculture demeure des atouts créateurs d'emplois considérables qui méritent d'être soutenues financièrement.
En matière de justice, visiblement au regard d'une augmentation de la délinquance liée à la montée de l'usage des drogues et des conduites adductives, il devient urgent de mettre en place un certain nombre de dispositifs capables de répondre aux attentes légitimes des uns et des autres en termes de sécurité.
Par exemple :
-Création d'une unité d'hospitalisation spécialement pour la gestion des publics sous main de justice.
-Création d'un centre pénitentiaire dans l'Ouest Guyanais.
-Création d'un pôle de justice dans la périphérie de Cayenne pour désengorger le tribunal de Grande Instance de Cayenne.
-Création d'un tribunal d'instance à Saint Laurent du Maroni.
-Transformation de l'ancienne maison d'arrêt de Cayenne en centre de courtes peines.
-Augmentation des moyens pour la réinsertion des détenus.
Pour terminer la Fédération suggère d'une part qu'une vraie réflexion soit menée en matière d'immigration et de coopération régionale. A cet égard, l'Etat devra consentir une délégation partagée, effective et reconnue aux acteurs locaux (élus, pouvoirs publics...) ; d'autre part, qu'un débat soit engagé entre les partis de gauche et les collectivités territoriales afin de bâtir un projet sur l'évolution statutaire de la Guyane ratifié par la population sur la base d'une consultation.